• Visite de la Fonderie Obertino située à Morteau

    9H45, arrivée dans le Pays Horloger qui se réveille tout doucement sous quelques nuages flottants. Un charmant panorama de la paisible ville de Morteau, tapie entre les monts sur les méandres du Doubs, s’offre à nos yeux béants. Les derniers kilomètres se font dans ce plaisant cadre, sur la D 437, jusqu’au 44 Rue de la Louhière, adresse de la fonderie Obertino, où nous retrouvons notre radieuse chef de troupe Sandrine.

    Vue sur le Val de Morteau au lever du soleil : photo prise depuis les Fins

    Vue sur le Val de Morteau au lever du soleil : photo prise depuis les Fins

    Nous nous avançons alors jusqu’à la chaleureuse devanture en bois de la boutique, où deux gracieuses vaches sculptées nous accueillent, puis franchissons le seuil du magasin, où nos sens sont immédiatement titillés par la rutilance des clochettes de bronze, pendues dans toute la boutique, par l’odeur de cuir, émanant des lanières, finement travaillées, au bout desquelles elles se balancent, ainsi que par la voix suave et posée d’Yves Obertino, venu nous saluer.

    L’accueil fait, le fondeur nous propose de nous présenter, dans le calme de la boutique, l’entreprise, ses activités, ses clients, et de s’attarder sur les aspects théoriques de la fabrication d’une cloche, avant de nous emmener auprès des artisans, dans l’atelier contigu, pour découvrir les aspects pratiques. Ainsi, M. Obertino nous apprend, tout d’abord, que la fonderie mortuacienne, héritière de plusieurs établissements familiaux en Italie, en Suisse et dans le Doubs, date de 1931, et qu’elle est l’une des deux seules fonderies de clochettes encore en activité en France. Sous ce terme générique de clochettes, les professionnels désignent toutes les cloches pesant moins de 3 kg.

    Il nous révèle, en outre, avec une petite fierté bien justifiée, que son atelier jouit du prestigieux label “Entreprise du Patrimoine Vivant”, depuis 2011, et que le tiers de sa production de clochettes, est exportée à l’étranger, notamment aux Etats-Unis et au Japon.   Il nous énumère ensuite, avec de savoureuses anecdotes à l’appui, les différentes destinations de ses clochettes. Un tiers est utilisé pour les bêtes d’élevage et les deux autres tiers pour des  commémorations historiques (passage à l’an 2000, bicentenaire de la fondation des Etats-Unis), sportives (Transjurane, J.O, coupe du monde de football etc.), religieuses (baptêmes, communions, mariages), et dans une moindre mesure pour des cadeaux d’entreprise ou des usages domestiques (sonnette, cloche de table). Ces informations données sur l’entreprise et ses activités, M. Obertino nous raconte, avec passion, précision et grande clarté, la fabrication d’une cloche. Un modèle de la cloche souhaitée, parmi les 200 disponibles dans l’atelier, est placé dans une première partie de châssis (boîte d’acier). Il est recouvert de sable marneux de carrière (provenant des environs de Fontainebleau), tassé à l’aide d’un fouloir, afin de réaliser l’empreinte extérieure. La première partie de châssis est ensuite retournée et encastrée dans la seconde partie, avant que le fondeur ne répète l’opération précédente pour effectuer l’empreinte intérieure. Le fondeur perce ensuite des trous de coulée, on sépare les deux parties du moule pour enlever le modèle.

    Exemple de cloche réalisée par la Fonderie Obertino

    Exemple de cloche réalisée par la Fonderie Obertino

    La décoration et les inscriptions sont alors appliquées sur l’empreinte extérieure et les deux parties du moule sont rassemblées entre elles. Chaque cloche est personnalisée et donc unique. Le moule est par conséquent détruit et le sable réutilisé, d’où sa noirceur. Une fois son moule réalisé, le fondeur y coule du bronze (alliage de 80% de cuivre et 20% d’étain), contenu dans un creuset et chauffé à 1200°C dans un four.  La cloche obtenue est démoulée quelques minutes plus tard, puis ébarbées et tournée, afin de lui donner son aspect lisse et brillant. Concernant les questions de sonorité et de résonnance,  M. Obertino prend bien soin de distinguer les cloches d’église et les clochettes. De manière générale, plus une cloche est grosse, plus elle tinte grave, et plus elle a une forme « fermée » (clarines), plus le son est étouffé. En revanche, la grande différence résidence en ce qu’un  fondeur de cloche d’église joue sur la quantité de métal pour obtenir une note précise,  alors que celui de clochette n’en a que faire.

    Exemples de cloches Obertino

    Exemples de cloches Obertino

    Par ailleurs, le fondeur de cloche d’église utilise de l’airain (même alliage que le bronze mais avec une plus grande proportion d’étain), ce qui confère à la cloche une résonance plus longue que celle d’une clochette en bronze.  

    Une fois toutes ces connaissances acquises, et quelques règles de sécurité élémentaire rappelées, M. Obertino nous fait pénétrer dans l’atelier, d’où se dégage une odeur de métal chaud, et où  nous rencontrons trois artisans en pleine opération de moulage.

    Un artisan en train de graver les éléments descriptifs et personnalisés

    Un artisan en train de graver les éléments descriptifs et personnalisés

    Captivés par la visite et les récits du fondeur, nous peinons à quitter la fonderie. Pourtant, midi s’apprête à sonner, et il nous faut rejoindre Fournet-Blancheroche, à 25 km, où nous sommes attendus pour déjeuner.


    -> Consultez les informations pratiques pour visiter la Fonderie  Obertino à Morteau

    # Se rendre à Morteau pour visiter la Fonderie Obertino


    Agrandir le plan


    1 commentaire sur “Visite de la Fonderie Obertino située à Morteau


    • Avis aux lecteurs :) . Une visite vraiment accessible et qui sait rendre hommage aux artisans détenant un savoir-faire tellement particulier.



    Ajouter un commentaire


    neuf × 5 =